jeudi 18 décembre 2014

Décembre

            Décembre





Décembre  (december, ou decembris mensis) est, à Rome, le 10e mois de l’année, qui, avant la réforme de Jules César, commençait en mars, au printemps (primum tempus) : decem signifie dix en latin.
Ce mois est marqué par de nombreuses fêtes, comme à notre époque.
Les 3 et 4 décembre, les femmes célébraient la fête de la Bona Dea, ou fête de la bonne déesse, en l’honneur de la déesse de la fertilité, souvent assimilée à la fille du dieu Faunus, un dieu satyre (dont le nom a donné en français le mot « faune ») qui était censé apporter la fertilité aux femmes stériles. 
    Cette fête était réservée aux femmes, c’est pourquoi on la qualifie aussi de « mystères »; Cicéron raconte comment son adversaire Clodius s’est discrédité en se déguisant en femme et en se mêlant aux cortèges féminins composés de Vestales dans le sanctuaire de la Bona Dea, le 4 décembre 62 av JC.
Le 5 décembre, dans les campagnes, on célébrait justement la fête du dieu Faunus : c’était un dieu, petit-fils de Saturne, qui a été assimilé au dieu Pan. Il s’agissait d’un dieu pastoral qui rendait des oracles : on disait que ces prédictions étaient formulées d’une voix terrifiante qui semblait émaner des bosquets d’arbres et se répercuter à l’infini. C’est pourquoi il semblait se démultiplier, d’où la croyance en une pluralité de faunes qui furent assimilés aux satyres grecs.

                                        Le faune dansant
                                           Jardin du Luxembourg

Mais c’est surtout la fête des Saturnales, célébrée du 17 au 19 décembre, qui a marqué les esprits. Elle était organisée en l’honneur du dieu Saturne, un très ancien dieu italique très tôt assimilé au dieu grec Cronos (en grec ancien Κρόνος), le père de Zeus-Jupiter. Son temple se trouvait au pied du Capitole et renfermait le Trésor (aerarium) du peuple romain, les archives des décrets du Sénat et les Tables de la Loi.



        Cette fête rappelait que Saturne était le dieu qui, lorsqu’il régnait sur le Latium, avait instauré l’Âge d’or : pendant cette période mythique originelle, les hommes ne connaissaient ni la guerre, ni les maladies, ni les conflits. La propriété privée n’existait pas, la terre (tellus) donnait à tous ses fruits à profusion, il n’y avait donc pas lieu de la cultiver : les hommes ne travaillaient pas, vivaient dans une égalité et une harmonie parfaites, très longtemps (plus de 100 ans) et mouraient en s’endormant paisiblement.


                                                   "L'Âge d'or" par Cranach 

Pour commémorer cette époque idyllique, on institua à Rome les Saturnales : pour rappeler l’égalité et l’harmonie de la société idéale de l’Âge d’or, les hiérarchies furent abolies le temps de la fête, on permit aux esclaves de manger à la table des maîtres, tout le monde (esclaves comme citoyens) mettait ses habits de fête et portait le pileus ou bonnet d’affranchi (il s’agissait du bonnet phrygien), tout travail cessait, les esclaves pouvaient même se faire servir par les maîtres. Chaque famille (familia, càd le père, la mère, les enfants et les esclaves) élisait un roi de la fête qui devait présider les festivités, et qui pouvait commander à tous. 
    C’était la seule période où les jeux de hasard (dés, etc) étaient autorisés en public. On s’offrait des cadeaux, càd souvent de la nourriture (des gâteaux) ou des petites lampes à huile, destinées à fêter le retour de la lumière au moment du solstice d’hiver.



           Sénèque évoque cette tradition des Saturnales dans la lettre 47 des Lettres à Lucilius, où il affirme l’humanité des esclaves et appelle à les traiter comme des amis : « Une fête même fut par eux (nos ancêtres) instituée, dans laquelle les esclaves avaient le droit de manger avec leur maître, et d'exercer des charges, de rendre la justice dans l'intérieur de la maison, qui présentait alors l'image d'une petite république. »


                                        
 Cette fête très ancienne s’est perpétuée au Moyen-Âge à travers la tradition de la galette des rois, mais aussi de Noël (l’échange des cadeaux), et surtout de la Fête des Fous qui précède le Carnaval : lors de cette fête, les conditions sociales étaient inversées, les statuts hiérarchiques aussi, si bien que le peuple prenait le pouvoir sur les puissants, et que, dans les églises, on élisait un « Pape des Fous » que l’on revêtait des habits sacerdotaux, pour rire. On chantait des chansons paillardes, on se moquait de l’Eglise et des prélats véritables (on les tirait du lit, et on les promenait tout nus dans les rues où on les arrosait d’eau), on jouait aux jeux de hasard. 
     Victor Hugo décrit bien cette élection dans son roman Notre-Dame de Paris, où l’on élit le plus laid, la plus « merveilleuse grimace » : c’est ainsi que Quasimodo est élu à l’unanimité.

                             L'élection de Quasimodo


     
La fête des Fous et le Carnaval furent interdits au XVIIe siècle, sous la pression de l’Eglise qui supportait mal la licence et les débordements qui les caractérisaient. Mais ce que n’avaient pas compris les censeurs, c’est que cette fête, limitée dans le temps, servait de soupape de sûreté à une société extrêmement inégalitaire et rigidement hiérarchisée. Un siècle à peine après l’interdiction de ces fêtes, la Révolution Française faisait exploser la marmite, et faisait de la France entière, pour plusieurs années, une grande République…



     Une fête spéciale du solstice d'hiver fut célébrée quant à elle à partir du IIIe siècle après JC : il s'agit de la fête du Sol invictus, le Soleil invaincu, lié au culte de Mithra. Elle avait lieu le 25 décembre qui était qualifié Dies natalis Solis (Jour de naissance du soleil), et donnera, à l'époque chrétienne, la fête de Noël (dont le nom est une déformation de natalem (Acc de "natalis"), comme "Natale" en italien), toujours célébrée de nos jours.



                                                                          Mithra

samedi 22 novembre 2014

La Famille à Rome



         Le Père de Famille (le Paterfamilias) à Rome :

 
Le rôle de la famille est primordial dans la société romaine.
La civilisation romaine se développe sur un fondement patriarcal.
A l'époque de la Rome royale (entre 753 avant JC et 509 avant JC), la puissance paternelle s'étend sur tous les membres de la famille (familia), qui comprend l’épouse, les enfants et les esclaves. Le père est le chef de famille. Les mariages entre Patriciens et Plébéiens sont interdits.
La femme romaine mariée (uxor) est traitée en mineure et dépend totalement de son époux. Mais elle est très respectée en tant que mère de famille (matrona).
A sa naissance, l'enfant doit être reconnu par son père. Une cérémonie est organisée devant le foyer domestique. Les Romains adoptent parfois un enfant lorsqu'ils ne peuvent pas en avoir.
Puis vint la loi des Douze Tables (Lex Duodecim Tabularum), écrite entre 451 et 449 avant Jésus-Christ, qui confirma au père de famille le droit de vie et de mort sur son fils.
Néanmoins, à la fin de la République l'autorité paternelle perd de sa puissance.
A partir du Ier siècle av. J.-C, on remarque l'existence de familles romaines sans enfant.
Les mariages entre Patriciens et Plébéiens sont autorisés.
A la fin de la République, la femme mariée commence à connaître un début d'émancipation comme le droit de divorce qu'elle obtiendra à la fin de la République.
En définitive, on peut dire que l'autorité paternelle était privilégiée : le père occupait le rôle de chef de famille et décidait de tout.
On peut vérifier cela dans une pièce de Térence, Héautontimôroumenos, où l’on voit « un père sévère » et dur avec son fils, qui persuade celui-ci de renoncer à sa relation amoureuse avec une étrangère pauvre, et de partir à la guerre.



           Jacques Valente (2nde6)

lundi 10 novembre 2014

Mercure bis (ou suite)



 
                                              


Hermaphrodite


Hermaphrodite (Ἑρμαφρόδιτος) est, dans la mythologie grecque, le fils d'Hermès et d'Aphrodite. Il naît sur le mont Ida de Phrygie et hérite de la beauté divine de ses deux parents ce qui lui vaut son nom.
          Un jour où il décida de se baigner dans un lac de Carie, la naïade (nymphe aquatique) Salmacis le remarqua. Alors complètement amoureuse de lui, elle lui fit des avances qu'il repoussa. Mais, aveuglée d'amour, elle supplie Hermès de l'unir à son fils pour toujours. Son souhait exaucé, ils ne firent plus qu'un et quiconque se baigna dans la fontaine se retrouvait en possession des deux sexes masculin et féminin.
Le terme hermaphrodite est désormais utilisé pour désigner les individus naissant avec simultanément les attributs du sexe féminin et les attributs du sexe masculin. Un individu ne pouvant posséder deux sexes, les parents se voient dans l'obligation de choisir le sexe de leur enfant et le sexe non choisi verra ses attributs retirés de façon médicale.
Comme hermaphrodite célèbre nous pouvons citer un candidat de Secret Story 4 : Thomas Vitello.

Fadila Djellal, 2nde1



Hermès inventeur de la lyre

                                              


Hermès, Dieu messager, fut l'inventeur de la lyre qu'il réalisa à l'aide d'une carapace de tortue et de boyaux de moutons. C'est sur le mont Cyllène qu'il fabriqua sa lyre avec la carapace de tortue et les boyaux de moutons, utilisés comme cordes. Sa lyre contenait 7 cordes. Par la suite, il offrit celle-ci à Apollon en échange des bœufs qu'il lui avait volés en Thessalie. 
Chancelle Ngozzo, 2nde1
 

L'hermétisme            


      


On sait rarement que l'expression "c'est hermétique", qui signifie: c'est impénétrable, peu compréhensible, ésotérique, tient son origine de la vie d'un personnage de la mythologie grecque. Dans le mot « hermétique » on retrouve Hermès, nom du Dieu grec (Mercure en latin), messager des dieux.
Dans son jeune âge, Hermès se signale par un vol et des mensonges imprudents, notamment par le vol de cinquante vaches du troupeau divin gardé par Apollon (son frère). Plus tard, Hermès devient le messager des Dieux, il est alors chargé de porter les messages de Zeus aux autres dieux. En guise d'attributs, Hermès reçoit des ailes sur ses sandales pour se déplacer rapidement, le pétase (un chapeau rond lui-même ailé) pour se protéger de la pluie, un caducée, symbole de ses fonctions de héraut (messager).
Hermès est aussi chargé par Hadès de conduire en douceur les âmes des défunts aux Enfers. Il apprend aux divinités vivant sur l'Olympe l'art de faire du feu. Il apprend comment prédire l'avenir, invente l'astronomie, l'échelle musicale, l'art de la boxe et les arts gymniques, les poids et les mesures et la culture de l'olivier.
Sous le nom d'Hermès Trismégiste (3 fois très grand), il est assimilé au dieu égyptien Thot, maître des sagesses secrètes.
 L'hermétisme  est une doctrine ésotérique fondée sur des écrits de l'époque gréco-romaine attribués à l'inspiration du dieu Hermès Trismégiste (nom donné par les Grecs au dieu égyptien Thot), développée à Alexandrie aux IIe et IIIe siècles. « Hermétique » désigne à l'origine une manière de fermer de façon étanche les récipients où s'accomplissent les combinaisons et réactions. Le mot s'étend ensuite à la partie occulte de l'alchimie. 
Jacques Valente (2nde6)